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La Conspiration Dépressionniste #1 : Une revue pour la belle jeunesse · 4.12.06BOURGEOIS!
Qu’est-ce que le Dépressionnisme?Un jour, probablement en Slovénie, un homme s’approcha de moi et me souffla à l’orteil : «Y faut manger la poulet». Quelques secondes plus tard, il disparut à travers la foule. Puis, La Conspiration Dépressionniste vint, dans la douleur de l’enfantement. Quel est le lien entre ces deux événements ? Aucun! Ou si peu… Plus tard… Les poings sur les hicsVous avez entre les mains un amas de papiers agencés sous la forme d’une revue appelée La Conspiration Dépressionniste. Cette chose que vous regardez avec plus ou moins d’intérêt a ceci de particulier qu’elle ne se laisse pas facilement définir. Cher amiLe monde est fuyant devant mes pas. C’est tout à fait normal d’enjamber les craques du trottoir à vive allure. Au bout de la rue, elles ont dépassé le marcheur. Je suis un décraqué. Désilluminations – Une visite chez Wal-MartPour les révolutionnaires ayant eu recours à la cryogénie après Mai 68 en attendant qu’on trouve un remède à la mort capitaliste, et qui n’auraient jamais entendu parler de la chose, Wal-Mart est une chaîne de magasins, tendance totalitaire. Ce poète dont nul ne parleEn 1965, dans sa préface pour Je, Claude Gauvreau a salué chez Denis Vanier, alors âgé de quinze ans, cet “état de bouleversement assez ému pour arracher au tréfonds de l’inconscient les préoccupations humaines les plus secrètes et les plus intimes.” Et cet homme savait bien le poids de ces états. Le jeune Denis Vanier ne suspectait certainement pas jusqu‘à quel point il traverserait, comme Gauvreau lui-même, les catabolismes cliniques de l’amour et du désir. Quelques conspirateursJean Charest est dépressionniste dans la politique *** Monsieur le maire Lamontagne est dépressionniste par conviction *** Montignac est dépressionniste dans l’assiette *** Richard Martineau est dépressionniste dans le journalisme *** Marie Laberge est dépressionniste dans la langue française Les lacérations brun-beigeLe bleu tabloïde miroite tant d’horizons / que je ne crois guère plus qu‘à mon point cardinal / parmi les grichottements / de l‘écran blanc / LEQUEL / fait froid / mon front se fend / (par conséquent) Et c’est pas fini! – ou de la banlieue québécoise comme planification sociale de l’ennui.Il nous a tous été donné de subir certains endroits où la concentration du vide post-moderne et la séparation sociale paraissent hors de toute mesure. Nous y sommes tant habitués et dressés que nous ne réagissons plus à l’agression. Soumise aux climats néo-médiocres, aseptisée dans le formol, la pensée se ramollit, fait la sieste, se mollusquéfie.
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